THESEE :
Charrie pas Théramène, arrête de déconner. Qu'as-tu fait d'mon mouflet... l'est toujours pas rentré.. !
THÉRAMÈNE
T'monte pas l'bourrichon Thésée, pas de mots... toute jactance est superflue
j't'avoue tout de go... : Hippolyte n'est plus...
THESEE :
La vache !
THÉRAMÈNE :
J'ai vu des mecs clapser, des gentils, des mignots
j'ai d'la peine à l'dire... ton lardon, c'était l'plus franco
THESEE:
Mon mouflet est cané... il s'est fait avoir
les lardus se sont grouillé d'lui fermer l'clapoir...
THÉRAMÈNE
Pas drôle de calancher en mai... au pays d'Molière
A peine nous éjections de la Fac de Nanterre
Que le quartier Latin était déjà bouclé
Les CRS tendus, en ligne étaient rangés
et qu'Hippolyte furax du Boul'mich" enl'vait les pavés
Relevant ses cheveux, et ses mèches rebelles
Dans le feu de l'action qui s'envolaient pèle mêle
Transpirant comme un Christ ployant sous la croix
Il haranguait ses potes à l'aide d'un porte voix
Il avançait... zigzagant... et la tête baissée,
Prenant ainsi bien soin... d'éviter les pavés
Merde, une horde de flics, là... en embuscade
Les cognes nous attendent... à dix mètres des barricades
Nous décanillons, en envolée... par la rue Soufflot
En y pensant j'me marre... on aurait dit des moineaux...
Trois mille poulets en place... au quartier Latin
Les pavés de l'émeute volent sur l'Boulevard Saint Germain
Ils chargent, ils matraquent tout'autour d'la Sorbonne
Ça castagne dur... on riposte en criant « à bas les cognes »
Soudain un cri maousse, est sorti du fond d'l'allée
D'un CRS trapu... Hippolyte était frappé
Je vole à son secours... un bâton pointé en hallebarde
Le maboul cogne fort... y m'semble léger d'la mansarde
J'luis assène un coup d'bambou... ciblé sul'bourrichon
Pas d'bol pépère pour l'instant à toi la poisse et l'guignon
Nous sommes sortis, mais d'vant moi... un poulet à crié...
« N'bougez plus les gugus , vous êtes faits»
Alors, avec le bâton... le zigue, j'lai encore frappé
C'est alors qu'le coup d'feu à claqué...
Clouant sur place Hippolyte... couvert de feu, de sang et d'fumée...
*
*
Trois étages plus haut une radio s'est mise à déballer
Sur un piano, un morceau de jazz... à tout casser
Sur le carreau que la flotte commençait à rincer
Y'avait plus personne... y s'étaient tous barrés
Les yeux d'mon poteau lorgnaient haut dans l'ciel
Mais dans son regard... y manquait l'étincelle..
g.c.
11/2008
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Un remerciement particulier à l'ami qui m'a soufflé des mots...